samedi 28 juin 2014

Aujourd'hui l'Arménie


« En Arménie, l’avortement et la naissance sélective des enfants selon le sexe devient très inquiétante. Nous détruisons les futures mères du pays » a déclaré Garik Hayrapetyan, chef du bureau du Fonds des Nations Unies pour la population en Arménie.
Il a estimé que si rien n’était fait, l’Arménie perdrait plus de 90 000 bébés de sexe féminin en 2060. Le taux de naissance en Arménie en 2012 était de 114 garçons pour 100 filles. Le ratio naturel se situe entre 102 et 106 garçons pour 100 filles. Le chiffre le plus déformé était dans la région de Gegharkunik, où le ratio était de 124 à 100.
La solution qui sera proposée au législateur envisage d’interdire au médecin de dévoiler le sexe de l’enfant avant 30 semaines de gestation. Cependant, « dans un pays comme l’Arménie, où la corruption dans les systèmes de santé et d’éducation a atteint des niveaux sans précédent, une telle loi serait inutile et deviendrait juste une source de corruption ». 
Alors que faire ? Encore un de ces problèmes irrésolus dont l’époque raffole. Les pistes proposées sont de deux ordres. Education ou pour parler franc campagne publicitaire, destinée à contrecarrer le poids de la tradition patriarcale qui trouve dans les techniques contemporaines d’imagerie un moyen pour améliorer son archaïsme. Surveillance et répression : « les caméras de surveillance seront installées dans les cabinets de médecins et les médecins devront faire face à une action en justice s’ils enfreignent la loi. Dans certains cas, ils pourraient même perdre leur emploi ». On ne dira jamais assez la part magistrale du « progrès » et de la « croissance » dans le triomphe de la connerie.
D’après Arpi Harutiunyan, en français sur 

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=101104

vendredi 27 juin 2014

A la cueillette dans la presse turque

D'abord quelques nouvelles des transports :

Dans le car Istanbul-Urfa  vers le matin un passager a égorgé 3 autres passagers qui dormaient au cri d’’Allahuekber » .
A l’aéroport de La Paz en Bolivie, un paysan bolivien a agressé à coups de couteau 11 personnes dans la file d’attente d’un vol intérieur. Bonne nouvelle : selon la police qui l’a appréhendé le type ne serait que déséquilibré et aurait confondu les gens avec des poulets.

La page économique et sociale :

La Turquie serait troisième en ce qui concerne l’inégalité des revenus parmi les pays de l’Ocde.


La page actualité :

Les Syriens ont participé avec leur aviation à des opérations communes avec les Irakiens qui bénéficient d’une aide militaire sans limites de Téhéran. 
Que va faire la Turquie face à l’alliance Téhéran- Bagdad- Damas contre les sunnites de l’EIIL ? Je n’aimerais pas m’appeler Davutoglu. 

La page culture :

Le 3 juillet l’ambassadeur français remettra la légion d’honneur à Zülfü Livanelli.

Des esprits bien intentionnés distribuent des brochures sur certaines plages  pour apprendre à se tenir "correctement" selon les directives des soi-disant règles de vie islamique. A côté des banalités habituelles sur les femmes il y a l'interdiction d'aller à des "mariages dans lesquels il y a de la musique" et même "d'écouter de la musique".
C'est incroyable cet acharnement à  enlever le gagne-pain des musiciens. Le monde entier est ligué contre eux : le digital, le piratage, le streaming et maintenant les imams. Nous sommes la Race maudite.

La page vie quotidienne :

Si en Turquie le jeûne  du Ramadan va durer environ 17 heures, dans le nord de la Scandinavie il faudra 22 heures pour s’en acquitter. Les malins iront à Ushuaia où il durera 9 heures.


mardi 17 juin 2014

Petite idée

selçuk demirel

L'attitude ultra attentiste de tous les acteurs internationaux concernés, plongés dans un spectaculaire effarement devant l'offensive des islamistes dans le nord de l'Irak, ne saurait s'expliquer par la seule incapacité légendaire des dirigeants.
Sur le terrain la situation a l'air d'avoir matière à inquiéter plus d'un va-t-en guerre.
Le gouvernement turc a interdit aux médias (internet compris bien sûr) toute diffusion d'informations en provenance de Mossul, sous prétexte de ne pas nuire aux otages (le consulat turc au grand complet plus les chauffeurs de camions turcs dont on a annoncé la libération puis macache). En fait, d'après le reportage de bfm-tv qui a confié un smartphone a un chauffeur qui s'est rendu à Mossul, les conquérants sont parfaitement soutenus par la population qui a reçu quelques bribes du pillage, et qui surtout se sent délivrée du joug anti-sunnite d'Al-Maliki. La population de Mossul serait même entrain de faire la queue pour s'enrôler dans les rangs de l'EIIL et marcher sur Bagdad.
La débandade de l'armée irakienne ne s'explique pas seulement par le fait qu'il n'étaient pas motivés mais par leur isolement dans le nord de l'Irak, en milieu hostile, telle une force d'occupation. Il a suffit qu'en face on appuie sur l'accélérateur pour que patatras le château de cartes s'écroule.  Ce n'était pas trop d'un hélicoptère pour mettre les bouts.
Dans ce contexte il y a matière à perplexité pour tous les intervenants potentiels.
En admettant qu'il en ait les moyens, comment le gouvernement irakien pourrait-il articuler une offensive significative sur un terrain où il s'est préalablement largement disqualifié par sa politique sectaire ?
La seule chose qui reste à faire c'est défendre son "territoire" pour contenir la vague djihadiste et la stabiliser sur les terres qui lui sont acquises. Et après, voir venir. Fastoche.

http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/international/document-bfmtv-irak-coeur-mossoul-occupee-islamistes-17-06-205015/

samedi 10 août 2013

Cache toi objet !

La direction d'un hôtel sur la Mer Noire en Turquie, à l'occasion d'une matinée destinée à ses clients femelles, a jugé bon d'installer sur la scène un rideau pour cacher au public la vue de l'orchestre masculin de la chanteuse qui devait se produire. La chanteuse n'a pas rechigné à la tâche et a tenu la scène pendant deux heures, tandis que des clients mâles venait rejoindre peu à peu le public. Je l'ai toujours dit pourquoi s'encombrer de musiciens, d'autant plus s'il faut les soustraire à la vue du public.
(http://www.radikal.com.tr)

dimanche 10 juillet 2011

Istanbul, juin 2011


La Turquie bouffe du Erdogan jusqu'à l'indigestion inévitable. Sa présence sur tous les espaces disponibles enfonce littéralement Mustafa. Faut le faire.

Saisie par la fièvre pré élections, la Turquie semble être envoutée par la success-story erdoganienne. Les autocars des partis défilent, bardés de haut-parleurs diffusant leur salade pas vraiment bio.

La police a accentué sa pression sur la liberté de circulation en
multipliant les barrages dans les rues, arrêtant les taxis avec fouille corporelle, des policiers en civil ratissent les passants dans les rues de Beyoglu pour quelques grammes de dope. Nouveauté : lorsque la quantité est faible, le contrevenant est relaché avec l'obligation de se présenter chaque mois au laboratoire pour des analyses.
 
 La nouvelle assemblée devrait légaliser le filtrage d'Internet.

A l'exemple des kémalistes et autres nationalistes extrêmement réactifs envers ce qui parait contester le dogme de l'unité turque ou tout autre mystification fondatrice,  les activistes religieux portent plainte contre ce qui heurte leur idée de la morale.
Exemple : la demande de saisie de la traduction du  "'Festin Nu " de W. Burroughs a été accordée par la justice à leurs chaussettes.

En France, pays champion en matière d’impôts indirects, la bouteille de Yeni Raki vaut 18 €, en Allemagne, dans un supermarché généraliste elle vaut 14 €. En Turquie, pays producteur, elle coute 18€


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Cet hiver un commando de soi-disant gens du quartier, avait agressé les invités d’un vernissage à Beyoglu qui buvaient de la bière dans la rue devant la galerie. Depuis, les fouteurs de merde n’ont pas été inquiétés et la municipalité a décrété que l’alcool  est désormais interdit  durant les vernissages. Tout celà n'est bien sur pas appliqué à la lettre mais
-->j'ai le sentiment que l’Akp et toutes ses nébuleuses tiennent la situation à Beyoglu en main. Ils ne vont pas se mettre à stériliser la poule aux œufs d’or, mais ils peuvent lui serrer un peu le cou quand ils le jugent nécessaire, ne serait ce que pour montrer parfois qui est le maitre.

Si c’est comme ça sous les projecteurs on peut imaginer ce que ça doit être ailleurs. 

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Un ministre visite une entreprise qui emploie aussi des handicapés. Un aveugle s’adresse au ministre pour se plaindre du fait qu’à travail égal il gagne moins que ses collègues voyants. Réponse : « Mais vous ne  vous rendez pas compte quelle chance pour vous d’avoir ce boulot. Voyons, pensez un peu à tous les handicapés qui n’ont rien ».
 

Le plaisir de la rencontre y est toujours vif, mais je ressens un poil de lassitude devant  la beauté des ruines d’une cité qui tourne inévitablement à la machine à sous. Le grand chantier sur Istiklal a vomi un énième centre commercial sur 5 étages et la connerie ne s’est jamais aussi bien portée dans la tête des jeunes décervelés par un système éducatif dont c’est le principal objectif.
 


mardi 4 janvier 2011

Bananes et pommes sautées

Ce n'est pas vraiment facile d'entretenir un blog. Une activité qui au départ, ressemble à lancer des bouteilles à la mer à partir d'une île déserte et qui, finalement, ressemble plus à l'exhibition d'un dialogue avec soi-même. Une fois la loi du genre apprise, on peut s'en divertir.
Pour ceux qui n'auraient pas idée de ce que ce blog renferme, je dirais qu'il contient  plutôt des critiques de l'activité - entre autre artistique, mais pas que - de mes contemporains.
Par souci d'honnêteté j'ai décidé de fournir moi aussi ma partie dans l'indifférence coutumière.
Plutôt modestement, sans tapage et  gratuitement comme il se doit.

samedi 17 juillet 2010

HEMSIN

Dans la région d'Artvin, dont fait partie Hopa sur la mer Noire vivent les Hemsinli de l'Est ( on prononce hemchinli ). Comme leurs cousins qui vivent à une centaine de kilomètres vers l'Ouest dans les vallées  du Kachgar, au-dessus de Rize, ils parlent une langue dont l'origine arménienne ne fait aucun doute, même si les principaux intéressés ne s'en doutaient pas. C'est avec la chute de l'Urss que tout s'est dénoué : les hemsinli ont commencé à capter des télévisions et des radios arméniennes et se sont aperçus avec stupéfaction qu'ils comprenaient cette langue. La pilule fut amère pour certains qui se prenaient pour des vrais musulmans turcs. Des explications vaseuses tendant à démontrer que les hemsinlis étaient de vrais turcs et que seul les vicissitudes de l'histoire les avaient conduits à parler arménien furent bricolées en un tour de main. Aujourd'hui il semble qu'une partie de la population a admis qu'elle est d'origine arménienne - nous avons rencontré des hemsinlis qui se présentent spontanément ainsi, parfois avec un petit sourire malicieux. Mais ce n'est pas toujours le cas.
Sevan Nisanyan raconte que lors d'un voyage dans les villages de la région il discutait au café avec des jeunes et leur demandait la traduction en hemsinli de mots turcs. Au bout d'un moment les jeunes ont commencé à être intrigués par le fait que Sevan semblait parler leur langue. Ils lui ont demandé  comment se fait-il que vous parliez hemsinli? Il leur alors répondu que c'était sa langue : l'arménien. Il y eut un silence, l'atmosphère chaleureuse disparut instantanément  pour laisser place à une hostilité grandissante qui risquait de mal tourner sans l'intervention des vieux présents au café qui dispersèrent les jeunes. L'origine de ces arméniens convertis remonte au 16ème siècle,  à l'époque où les peuples d'origine géorgienne ( en majorité dans les villes côtières ) embrassèrent la religion musulmane, contraignant par contre-coup les arméniens de la région à craindre pour leur survie. C'est ainsi que les hemsinlis prirent la décision de devenir eux-mêmes musulmans.

jeudi 15 juillet 2010

HOPA, dernière ville avant la frontière

J'ai toujours été intrigué par Hopa. Comme par tous les terminus. Depuis mon adolescence je l'avais identifié comme la destination la plus lointaine accessible par les lignes maritimes turques sur la Mer Noire juste au pied du "Rideau de Fer". Elle faisait partie des bornes de mon imagination comme la seule bourgade qui avait le privilège d'avoir un port desservi depuis Istanbul, au même titre que Trabzon, Samsun ou Sinop et je n'y étais jamais allé.
Avec la chute de l'Urss puis la fermeture de la frontière turco-arménienne, Hopa a pris une toute autre allure.
Fi du terminus, Hopa est devenu ville de transit.
Le trafic routier des marchandises ne s'arrête jamais en direction de la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaidjan, car c'est quasiment le seul point de passage douanier praticable pour les TIR.
D'autre part, la migration des femmes en provenance des provinces pauvres de l'ex-Urss en vue de trouver du travail dans la prostitution - les natachas - a bouleversé  l'imaginaire et les mœurs des hommes en Turquie en général et particulièrement la région de la Mer Noire, et cela dès la fin de l'empire soviétique. Ces femmes dénuées de préjugés envers la sexualité et en général éduquées, privées de travail après la faillite de l'Urss ont considérablement fait tourner la tête de ces messieurs, habitués au sordide des bordels turcs.
Quoiqu'il en soit à Hopa on n'a pas l'air de s'ennuyer. Les bars, parfois immenses, avec musiciens et chanteuses occupent le dernier étage ou le toit des immeubles du centre commercial (çarsi) et si de jour de la rue on ne voit rien, le soir on entend largement la musique et l'ambiance, ce qui suffit à guider le chaland. Nous y aurions certainement jeté un oeil, si nous n'avions trouvé une soirée dans un local au 5 ème étage qui ne réunissait que des jeunes de la région - garçons et filles - qui s'amusaient avec beaucoup d'entrain en dansant le horon. La chaleur ayant eu raison de nous ( et aussi la sono bien lourde )  nous sommes rentrés à l'hotel. Rien à voir avec le standard de ce genre d'établissement en Turquie : ultra bien tenu. Et avec une désarmante évidence, dans les chambres les chaines pornos sont en accès libre comme pour nous rappeler qu'ici la Turquie n'aurait plus de complexes.

jeudi 13 mai 2010

Istanbul

Enfin Istanbul ! Il ne s'agit pas de soulagement mais la Turquie sans Istanbul manquerait cruellement de sens. La troupe est logée en plein coeur de ce bouillonnement, dans l'ancien quartier alla franga, à 30m de la plus célèbre rue de Turquie : Istiklal Caddesi. On a tant décrit ce quartier (Beyoglu)  que je ne m'attarderais pas à le faire. Disons simplement que 8 mois d'absence n'ont pas été perdus pour tout le monde. Les cafés, restaurants ont colonisé de nouvelles rues et sont en général bondés. La musique et le bruit sont omniprésents. C'est d'ailleurs un des points qui la différencie de la rue européenne : les gens se parlent sans se priver, dans une surenchère illimitée. Cela n'a pas été sans effet sur notre compagnie. Après les tensions du début nous avons appris  à laisser filer les entraves qui ne méritent pas qu'on s'y attarde.  Le plus spectaculaire étant notre accordéoniste  Jasko - d'origine gitane et serbe - plutôt déprimé et peu loquace d'habitude, qui s'est particulièrement épanoui au fur et à mesure de la tournée.
Le développement des possibilités existantes a repris de plus belle. Curieusement, plus de traces de l' atmosphère de crise de l'année dernière, le discours se veut optimiste et confiant dans l'avenir.  Il semble que l'économie turque soit gagnante dans la partie.
Dans le CCF d'Istanbul, situé idéalement en haut d'Istiklal, on accède à un café resto très calme dans une cour fermée de murs,  tel une oasis dans ce quartier d'enfer : très appréciable.  Sur les 4 petites pelouses, la politique culturelle  du CCF a érigé une insignifiante exposition de 4 sculptures muettes d'ennui gargarisé. A l'évidence, les décideurs en France n'ont pas pris la mesure du potentiel d'Istanbul, semblant la considérer comme une vague bourgade et maintiennent en place (on ne sait pourquoi) une direction ridiculisée aux yeux de tous. C'est là que nous avions décidé, par défaut, de jouer malgré les contraintes du plateau riquiqui, avant tout pour sa localisation incontournable.
L'équipe technique, au nombre de deux personnes, fait ce qu'elle peut, avec un zeste de traine-savates, concevable dans le contexte. Aydin, le régisseur en chef, sympathique et nonchalant, est plein de bonne  volonté. malgré son style bougon. Süleyman, sous ses airs d'ours mal réveillé, ne manque pas de finesse. La première représentation - en soirée - nous permet de retrouver les amis qui se sont déplacés pour nous voir. . , et de nous attrister de l'absence de ceux qui nous ont oublié. La première représentation scolaire du lendemain matin est un peu molle ( les nuits sont courtes) mais la seconde est parfaite. Ainsi se termine idéalement la tournée de l'Éléphant dans le Noir en Turquie, et vraisemblablement sa carrière en ce qui concerne l'année à venir.
Le soir,  la Compagnie réussit à trouver  une table dans une petite rue tranquille pour les Derniers Verres. Tous nous exprimons notre satisfaction en riant à gorge déployée même si nul ne peut égaler Jasko, intarissable.
                                                                                                                                              

samedi 8 mai 2010

IZMIR

Au premier abord, Izmir semble une ville agréable à l'ambiance détendue, une ville méditerranéenne. Nous sommes logés dans le quartier d'Alsancak qui avec ses rues piétonnes, ses bars, ses quelques maisons grecques délabrées ou retapées, ses avenues bordées de palmiers et ses commerces de luxe,  évoque un coin d'Europe du sud. Pour aller au théatre on traverse la baie d'Izmir pour arriver à Karsiyaka, qui est la version résidentielle du quartier des loisirs d'Alsancak. Le théâtre donne directement sur la petite rue piétonne et c'est agréable quand on sort de se trouver directement confronté au spectacle de la rue et de ses habitants. L'équipe technique affectée pour l'occasion  est - comme souvent - pleine de bonne volonté, heureusement car il y a comme qui dirait -  comme souvent - des manques dans le matériel disponible sur place.  La première représentation devant un public majoritairement scolaire, ultra dissipée, est une épreuve. On accuse un  peu le coup d'autant que l'organisatrice du Centre Cul Français est là.On a l'impression qu'elle fait la gueule en se demandant si elle a bien fait de nous faire venir. On se ressaisit et la seconde est très réussie. Le public composé à l'identique est à l'évidence mieux tenu par l'encadrement que la précédente. Bonne concentration et le spectacle peut se développer dans de très bonnes conditions. Tout le monde (dont  nous) est très content. Ce qui m'amène à donner raison à ceux qui disent qu'un spectacle réussi ne peut pas l'être sans l'aide du public. 

Alsancak s'avère en grande partie un leurre. Une sorte de cache-misère. Izmir : des quartiers indéfinissables, le soir, tout juste derrière la façade rutilante du bord de mer. Nous quittons la ville sans état d'âme, à la différence d'Ankara. La compagnie s'égaie pour quelques jours, on se retrouvera à Istanbul.