lundi 15 mars 2010

Il y a 100 ans, les Arméniens de Turquie..

 
Traduction en français extraite du livre " 100 yil önce Türkiye'de Ermeniler "
publié par BIRZAMANLAR YAYINCILIK ( Istanbul ), disponible en turc, anglais et allemand.
Méchantes photos prises lors de l'exposition à la péniche ANAKO à Paris. Il est possible de se procurer ce livre en s'adressant à la péniche ou peut-être sur internet. Un panorama édifiant pour tous ceux qui connaissent l'état des lieux dans la Turquie d'aujourd'hui.


dimanche 7 février 2010

Eloge de Jean de Maillard

"Ce que Madoff faisait - quoiqu'on en pense - en artisan, les marchés financiers en font leur pain quotidien à une autre échelle, plus abstraite." Ces propos du juge Jean de Maillard nous ont semblé sonner très juste. Le style Ponzi s'étant généralisé dans le métier, les grotesques organismes de contrôle qui visitaient les comptes de ce fleuron de la Phynance n'avaient aucune raison d'y trouver quoique ce soit de répréhensible, d'autant qu'ils sont grassement rémunérés pour ne rien voir.
Le dogme de l'ultra-libéralisme auto-régulateur a depuis un bon quart de siècle convaincu tous les politiques de confier leurs affaires au marché. L'état s'est privé ainsi de toute capacité d'intervention. D'autant qu'aux dires de notre magistrat, il n'y a pas grand monde dans l'administration étatique qui comprenne quelque chose à ce qui se passe sur les marchés.

Un ministre canadien, à l'issue d'une réunion du G7 consacrée principalement au défaut de "crédibilité" des crédits consentis à certains états et de l'agitation spéculative qui à la fois en découle et la suscite, n'a pu qu'articuler cet aveu pitoyable : "Nous nous engageons à soutenir notre économie"
Dit comme ça, on peut constater que le politique a définitivement abdiqué toute prérogative dans la marche folle du capitalisme.

entretien avec Jean de Maillard sur le site de rue89 :
http://www.rue89.com/entretien/2010/01/31/le-jour-ou-la-fraude-a-controle-leconomie-135937

jeudi 28 janvier 2010

Hrant Dink et Ergenekon

Le déroulement du procès des assassins de Hrant Dink est un abominable scandale. L'impunité affichée par les accusés proférant des insultes et des menaces à l'égard du public, signifiant par avance le verdict ( "dans cinq ans je sors et là vous verrez.." ), la complaisance et la passivité du juge unique envers les accusés, sa volonté affichée de ne pas instruire le procès et son refus de faire comparaitre les divers responsables de la Sécurité, acteurs et témoins de la programmation de l'assassinat, tout porte à croire que la vocation de cette pantalonnade juridique grinçante est de servir de fusible et que l'on tient surtout à circonscrire la déferlante qui menacerait des personnes-clé qui ont des cartes en main.
Dans ces conditions que peut on attendre du procès de l'organisation terroriste d'état "Ergenekon" qui se déroule dans la chambre voisine ? Il serait naïf de croire que la Turquie sera débarrassée de la mainmise des organisations occultes au sein de l'état par des condamnations spectaculaires de généraux. Les audiences du procès des assassins de Hrant Dink et le refus d'instruire ensemble les deux affaires alors qu'il semble clair qu'elle se recoupent, démontrent a contrario que ces organisations sont bien en place et verrouillent la question.
Et si ma foi, il ne s'agissait finalement que d'un énième règlement de comptes au sein de l'état dans lequel la vérité n'a aucune place, personne ne s'en étonnera.
Et Hrant Dink, on pleurera.
Et on lui érigera des statues et - pourquoi pas ? - un poste de douane à son nom.

Irremplaçable source pour le suivi du procès : http://www.afaja.com/

vendredi 6 novembre 2009

De la belle ouvrage, du bel outrage


Je rencontrais parfois Ghérasim Luca.
C'était un ami de Gérard Nassoy, contrebassiste et
passionné du paradoxe. Il me l'avait présenté comme
un poète surréaliste et non embrigadé,
Gérard avait improvisé sur les poèmes de Ghérasim et
ils en avaient tous deux gardé un très bon souvenir et
parlaient souvent de remettre ça.
On se retrouvait dans la boutique de Claude Benayer sur
le quai, qui tenait plus du salon et où l'on jouait souvent
à improviser avec les instruments disponibles (flutes,
percussions, boites d'allumettes, etc) entre deux thés
deux joints et surtout des bavardages sans limites.
A l'époque il m'apparaissait comme un "vieux" vraiment cool,
aux raisonnements encore plus farfelus que les miens.
C'était un poète d'envergure à la personnalité unique
mais qui parfois m'agaçait, comme c'était souvent le cas
à l'époque pour tout ce qui me semblait s'être figé en procédé.
Ses poèmes déroulaient un incroyable bégaiement visionnaire
sans fin, et étaient faits pour la déclamation.

Selon ses proches, gravement déprimé par le cours du monde et
l'expulsion de son appartement qui venait de lui être notifié,
il se jeta dans la Seine le 9 février 1994.

En tout cas je n'avais jamais vu ses collages qui sont exposés
par la galerie l'Usine
102 boulevard de la Villette 75019
dans une exposition préparée par la femme de Ghérasim :
Catty, peintre, qui y présente également ses propres oeuvres.
L'expo dure jusqu'au 13 novembre 2009.

jeudi 29 octobre 2009

Mauvais coucheur



Nous sommes heureux de répercuter l'actualité
quand elle se révèle aussi en accord avec elle-même.
La fiac 2009 fut un succès.
"Affaires et affluence en hausse", titre le Monde.

Il n'y a pas à dire les gens veulent y croire jusqu'au bout.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/10/26/fiac-affluence-et-affaires-en-hausse_1258891_3246.html

vendredi 23 octobre 2009

Propos aigres

On ne saurait prendre trop de gants avec l'art contemporain.
Cette imposture, trop communément admise,
est à l'échelle du monde qu'elle habite.

C'est pourquoi en ces jours de biennale et autres fiac *
il faut saluer toute initiative visant à balayer une telle incongruité
qui prétend - à l'image du regain de religiosité ambiant -
à l'encaissement des dividendes d'un passé révolu.

Le plus remarquable cette année est peut être
la frilosité extrême concernant tout ce qui pourrait s'attirer
un soupçon de pédophilie, comme s'il n'y avait rien d'autre
d'au moins aussi scandaleux dans tout ce fatras chic.
A commencer par son existence elle-même.


* fiac : admirez le nom, exactement le bruit que fait un insecte s'écrasant sur le pare-brise d'une voiture à l'arrêt : fiak. Le vrai truc improbable.

lundi 19 octobre 2009

What music do these bloody Uïghur play ?


Reçu CE disque en provenance de ShanghaÏ.
De musique Ouïgour.
L'inscription sur le cd renvoie probablement
au nom d'un makam
Le premier morceau nous a scotché.
Le reste du disque est très bon mais reste
dans les canons du genre, que par ignorance
j'appellerais quawali uïghur.
Mais ce morceau, le premier, puise son extraordinaire
pouvoir dans la pratique chamanique et rappelle
le Voodoo rock de Dr John.

Nous serions heureux de connaitre plus précisément
qui et quoi est-ce ?

01 Piste 01 by gregbaba

Voici quelques éclaircissements que nous avons reçu :

" Pour moi, c'est clairement un muqam dolan. Hexatonique.
Les muqam dolan sont au nombre de 9, ils durent chacun
de 6 à 8 mns et ils sont composés de cinq parties
en opposition aux 12 muqam de l'école kashgarienne
qui s'appellent on ikki muqam et durent chacun deux heures
environ et sont formés de 3 grosses parties).
Plusieurs extraits figurent dans mon double CD (vol. 2),
les textes sont transcrits et traduits dans mon livre
où des explications et les rythmes sont donnés.
Mais dans mon cas, il s'agit des muqam dolan de l'oasis
de Mäkit (qui en revendique l'origine) alors que
dans votre cas, il doit s'agir d'une autre oasis.
Sur le CD, lui-même il est marqué en chinois
Xinjiang (en haut) puis muqam (en bas) mais on n'a pas de nom.
L'instrument qui domine, outre le tambourin sur cadre
avec sonailles (dap), est le Qalun, une cithare sur caisse.
Amicalement "
Sabine Trebinjac

mercredi 7 octobre 2009

Vidéo d'automne

A la recherche d'une présentation satisfaisante
de mes entreprises désordonnées, j'ai pris un grand
plaisir à réaliser ces vidéos à la manière d'un recueil de haïku.
Tentative visant à exprimer le caractère fugitif
mais très concret du sentiment de plénitude.

A l'origine est la bande-son : mixage d'ambiances filtrées et
mise en scène musicale.
Les images ( photos ) s'articulent sur la bande son et sont
parfois entrecoupées d'écrans noirs ou de placards de texte.
Le choix de ne pas faire un film parlant s'explique
par la volonté de ne pas empièter sur le son.

CELUI QUI L'AIME est dédié au maitre manga Jirô Taniguchi.
(Un homme oublie la femme qu'il aime en errant dans le métro parisien )



IN THE MOOD FOR WALK
( Impressions d'un promeneur sur les gens d'Istanbul en 2009 )

mardi 21 juillet 2009

Le procès ERGENEKON ébranle la Connerie




Les médias français entretiennent la confusion dans
la présentation du procès de l’organisation terroriste d’état
nommée Ergenekon.
L’incapacité à prendre parti en examinant les faits est le propre
du journalisme courant. Pour éviter de se créer des ennemis
on dit oui à tout et on s’arrange pour ne fournir aucune analyse
utile.

Sans nier ouvertement l'existence de ce réseau, le Monde
par exemple, laisse entendre qu'il pourrait s’agir d'une
manipulation politique du parti au pouvoir l'AKP .
L’expert consulté dans l’article souligne la maladresse
avec laquelle a été saisie l'opportunité offerte de rafler large.

Plus grave, le procès est présenté au détour d'une phrase
comme celui d'un réseau de résistants à l'islamisation
insidieuse de la Turquie, entérinant ainsi une perception positive
et indulgente qu'une telle profession de laïcité ne manquera pas
de produire au sein de l'opinion publique européenne

Or, il est archi-clair qu'une partie de l'armée se désolidarise
de ce réseau de gouvernement parallèle.
La farce ayant été éventée, inutile de couler avec le navire.
Il faut trouver autre chose pour maintenir la position de l'armée
au sein de la société turque.
Pour ceux là, le procès d'Ergenekon est le bienvenu.
Les opportunités à saisir existent dans les deux camps.

lundi 13 juillet 2009

Baba Zula à Paris

Quai de Javel, 23h :

Baba Zula : un vociférant armé d'un saz à pédales,
un maitre des machines et percusionniste,
un rêve de joueur de darbuka ( davul, etc.. ),
une graphiste à macbook pas manche et 2 danseuses décevantes.
Le sazci est armé de quelques certitudes simples et efficaces
et ne fait pas semblant de chanter bien.
Il officie dans le genre chaman mariant la dérision et l'adresse.
Il a du flair, c'est clair.
Comme souvent dans ce genre de musique tout repose sur
le rythme et alors là on est vraiment gâté.
Le darbukaci est omniprésent, sans esbroufe,
une modestie dans l'allure qui contraste joyeusement
avec sa virtuosité permanente. Un maitre.
Le cas des danseuses est plus révélateur de l'impression
laissée par le groupe. Costumées comme pour la Soirée
Orientale du camping, sans aucun charisme,
elles ressemblent à s'y méprendre au public féminin
qui danse avec beaucoup de conviction au pied de la scène.
Une façon de créer des liens, peut-être.

Baba Zula fait penser à ce groupe anglais nommé "3 mustafa 3 ",
qui dans les années 80 avait adopté cette approche ironique orientaliste.
Que les turcs s'y complaisent aujourd'hui montre parfaitement
qu'ils ont leur place en Europe ou ailleurs.