lundi 24 novembre 2014

Habileté manoeuvrière

Les combats à Kobani tournant à l’avantage des kurdes de Syrie, les djihadistes évacuent les villages qu’ils avaient conquis dans leur offensive-éclair après avoir vendu les dits-villages (au nombre de 362) aux ex-voisins arabes des kurdes qui se sont enfuis en Turquie. Les prix de chaque village  oscillent entre 5000 et 10000 $. L’EI fait ainsi d’une pierre deux coups : ils partent du pognon dans la poche après avoir semé la haine entre les villageois des deux communautés. Les arabes intéressés pillent tout, jusqu’aux olives des arbres, ne laissant sur place que les murs des maisons. Les  réfugiés kurdes ne manquent pas de souligner qu’auparavant il vivaient comme des frères avec leurs voisins (triste refrain qui revient à chaque génocide) et qu’ils ne voient pas comment ils pourraient de nouveau vivre avec eux.

mercredi 29 octobre 2014

Catastrophe minière (épisode...)

Dans les montagnes du Taurus, au sud de Karaman, à Ermenek, une inondation s’est produite dans les galeries d’une mine et a bloqué un groupe de mineurs au fond. Il apparait que le gisement était confié à 3 sociétés qui creusaient comme bon leur semblait dans leur périmètre d’exploitation, sans se soucier les unes des autres. Dans les faits on gérait la situation au coup par coup et Il n’y aurait même pas eu de plan de toutes les galeries entre les mains du Ministère de l’Energie et des Ressources Naturelles. En faisant l’impasse sur les galeries abandonnées qui au fil des ans s’étaient transformées en citernes. Dans ce coin enclavé, les villageois du coin étaient de toute manière réduits à accepter des salaires de misère.
Pendant ce temps, les mineurs de Soma (où 301 mineurs ont perdu la vie) avaient programmé une « marche » sur Ankara pour protester contre le non-versement de leurs salaires. 3 autocars avaient été loués et 135 mineurs s’embarquaient à 23 heures pour Ankara. Apprenant la catastrophe ils ont immédiatemment changé de direction pour rejoindre Ermenek et apporter leur aide. A 1h30, le convoi est arrêté par la police à l’entrée d’Usak, avec refus de laisser continuer les manifestants. Les mineurs ont protesté que leur but n’était pas de manifester mais de venir en aide efficacement aux mineurs de Karaman, leur expérience et leur volonté en ce domaine étant devenue par la force des choses supérieure à celle des équipes de sauveteurs officielles. Rien n’y a fait.

mercredi 22 octobre 2014

Arrêt d'Urgence

Les suites de la chute de l’ascenseur sur le chantier d’une tour de 47 étages qui a fait 10 morts il y a un mois. 
Le procureur de la république a préparé l’acte d’accusation qui classe sans suite les poursuites contre les patrons et l’encadrement supérieur du propriétaire et promoteur, Torun Inşaat. Des peines de 4 à 22 ans et demie ont été requises contre 25 personnes parmi lesquels les responsables directs du chantier,  de la boîte d’ascenseurs et de la société assurant le contrôle de la sécurité sur le chantier. Les témoignages des ouvriers en charge de l’ascenseur et qui n’étaient pas en poste à l’heure de l’accident sont sans équivoque et font froid dans le dos. Deux mois d’incidents à répétition, l’ascenseur qui se met à chuter et qu’on arrête en pressant le bouton Arrêt d’Urgence, le boss Emre Torun qui n’avait pas confiance dans l’ascenseur et qui prenait l’escalier lors de ces visites sur le chantier… 

Pour couronner une si belle prestation les Torun ont entrepris d’acheter le silence des familles des victimes en leur versant des sommes de 500 à 700 000 LT ( autour de 200 000 € ) en échange de s’abstenir de porter plainte. 8 des 10 familles concernées ont accepté. Mais cela ne les a pas empêché d’en parler.

vendredi 17 octobre 2014

L'ordinaire

Sur l’avenue Istiklal à Beyoglu un jeune, s’est posté, les yeux bandés et les bras ouverts, avec une pancarte autour du cou sur lequel il était écrit «  j’ai confiance en toi, si toi aussi tu as confiance en moi, enlace-moi ».  Les passants au début n’ont pas répondu à cette invitation. Mais rapidement beaucoup de gens sont venus vers lui pour l’enlacer, et un gros attroupement s’est formé. Alors qu’il ne forçait personne et ne causait aucune menace, les flics sont intervenus et lui ont infligé une amende de 91LT sous prétexte de « trouble occasionnés à l’environnement » (çevreye rahatsızlık verme”)

Aujourd’hui vient de mourir des suites d’un tir de capsule de gaz en pleine tête, une jeune femme de 28 ans vivant à Viransehir. Elle est la 42 ème personne à perdre la vie à la suite de la répression des manifestations de soutien de la semaine dernière aux kurdes de Kobani`.

Durant les manifestations de juin 2013, à Ankara, Ethem Sarisuluk a été tué par un policier, Ahmet Sahbaz, par un tir en pleine tête. Durant la première audience du procès, en septembre 2013, la salle du tribunal, était remplie d’une centaine de flics en civil. Ce voyant les avocats de Sarisuluk demandèrent aux policiers en civil de sortir. Il leur fut répondu « Nous ne sortirons pas, fermez-la » et ils durent essuyer des jets de bouteilles en plastique. Mais devant l’insistance des avocats les flics finirent par sortir de la salle pour cette fois-ci s’en prendre physiquement aux témoins et au public qui attendait dehors. Pendant ce temps l’accusé, Sahbaz, muni d’une perruque et d’une fausse barbe, était introduit par la porte de derrière dans la salle du tribunal, mais comme à ce moment la famille Sarisuluk et ses avocats, sortaient pour aller voir ce qu’il se passait à l’extérieur, ils se sont retrouvés nez-à-nez. Durant l’échaufourrée qui s’en suivit la perruque et la fausse-barbe du policier se retrouvèrent à terre. Il fut évacué et la séance fut suspendue.
Aujourd’hui ce Sahbaz a porté plainte contre la famille Sarisuluk pour insultes et blessures. Le procès vient de s’ouvrir. Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison. Sahbaz participera aux débats par téléconférence.

jeudi 16 octobre 2014

un peu de tout dans le genre mauvais malgré les bonnes affaires espérées

 Face à la montée des manifestations violentes dans tout le pays attisée par les innombrables sujets sur lesquels son gouvernement jette de l’eau, le premier ministre Davutoglu a déclaré : 
« Pour chaque TOMA (Véhicule blindé équipé d’un canon à eau) incendié par des vandales on en achètera 10. »
A la suite de cette déclaration l’action de la société Katmerciler Ekipman, fabricant des TOMA, a bondi de 20%. 

40 jours après la chute de l’ascenseur de chantier qui avait couté la vie à 10 ouvriers à Istanbul, la même chose s’est reproduite à Izmir avec 4 ouvriers dans un état très grave.

A côté de Mossoul en Irak un convoi transportant des troupes de l’EI a sauté sur un pont que leurs collègues avaient miné auparavant en prévision d’un passage de peshmergas. 20 djihadistes sont morts et 30 autres blessés. On suppose fortement que le convoi n’en avait pas été informé.


La préfecture de Bolu a décidé de réglementer la libre circulation des personnes entre les régions et les provinces et à en conséquence interdit la vente de billets de bus et d’autocars aux jeunes de moins de 18 ans s’ils ne sont pas accompagnés lors de l’achat par une personne responsable. Sont dispensés de ce contrôle les étudiants munis des documents nécessaires.

200 moutons


Les habitants du village de Aliazera à la frontière turco-syrienne, en face de Kobani, doivent maintenant supporter l’odeur de décomposition des cadavres qui empuantit l’air qu’ils respirent.
« Les militants de l’EI apportent jusqu’aux limites du village leurs propres blessés pour les achever, et ne viennent chercher leurs cadavres que des jours plus tard, a déclaré un habitant. Avec le vacarme des avions et l’odeur de décomposition il nous est impossible de dormir la nuit. Les cadavres restent là 4-5 jours et ça sent pire que des charognes. L’Ei achève ses blessés d’une balle. Auparavant nous dormions la porte ouverte, maintenant on a peur qu’ils viennent jusqu’ici. A vrai dire, on s’est habitués au bruit des avions et des armes. Les enfants, aussi. On a l’impression ici qu’on est comme les spectateurs d’un film. » 

Au milieu de l’incohérence généralisée des comportements je cherche désespérément quelque chose qui ait du sens à traduire, et je crois que j’ai trouvé. Ce n’est pas un bonne nouvelle mais elle a du sens. Dans la montagne dans la région de Karaman, du fait du brouillard et de la pluie, un des moutons d’Ömer Peynirli et de Selim Karaevli est tombé d’une falaise, le reste du troupeau (200 bêtes) voyant cela, s’est empressé de lui emboîter le pas et elles se sont toutes écrasées en contrebas. 

mardi 30 septembre 2014

Bonnes nouvelles sur l'état de la Justice


Le procureur de la République a requis de 3 à 10 ans d’emprisonnement à l’encontre de deux femmes qui avaient lancé des oeufs dans la rue à Ankara en 2012 sur le maire de la ville, Melih Göçek, en protestation contre ses déclarations anti-avortement.
L’accusation de « menaces, insultes à fonctionnaire public » s’aggravant, du fait que la veste du maire a été tachée par les oeufs, de « détérioration de biens ». 

samedi 27 septembre 2014

L'Ile Pointue

 Il y a de cela quelques mois, durant la campagne électorale pour l’élection présidentielle, deux amis qui étaient allés en bateau à l’île aux Chiens (ou ile Pointue) au large de l’entrée du Bosphore, île déserte, ont eu la surprise de se retrouver nez à nez avec deux embarcations bourrées d’islamistes qui les ont fait fuir en diffusant à tue-tête des discours d’Erdogan.
A Istanbul, comme ailleurs en Turquie, les aspirants-djihadistes s’affichent d’une manière plus agressive qu’auparavant. En bénéficiant de soutiens multiples de la part de certains maires conservateurs, de la police, etc.. ils apparaissent au détour de l’actualité pour des affaires comme celles décrites ci-dessous.
A Beyazit, sur le campus de l’Université d’Istanbul, un groupe de 15 personnes d’une organisation nommée Jeunesse Musulmane a attaqué à coup de bâtons hérissés de clous un stand anti-EI. 
A la mosquée de Fatih, mosquée emblématique,  une prière pour les djihadistes de l’EI qui ont trouvé la mort, a été organisée par des sympathisants. Après la prière du vendredi, des drapeaux de l’organisation ont été déployés, sous couvert de soutien au peuple syrien. 
Certains ont déclaré «  Nous sommes à côté de ceux qui se battent pour le djihad en Syrie et en Irak. Ceux qui ont trouvé la mort sont des martyrs sur la voie d’Allah ». (…)
Durant la manifestation, on a remarqué des enfants brandissants des drapeaux de l’EI.
Avec un tel handicap dans sa botte, le comportement du gouvernement turc face au calife de Rakka semble promise à des boitillements qui finiront par confirmer ce que l’on voit déjà. L’immobilisme de l’armée face à l’assaut lancé par l’EI contre les kurdes syriens et qui aurait fait plus de 160 000 réfugiés, que la Turquie a été contrainte d’accueillir, ne présage rien de bon. Les centaines de kurdes, venus de toute la Turquie, pour participer (les mains nues !!) à la défense du Rojava (région kurde « libérée » de Syrie) que la police et l’armée tentent d’empêcher de passer la frontière, non plus. 
(Au passage, ce sont ces mêmes kurdes qui ont réussi à se créer des corridors dans l’encerclement du mont Sincar, avant l’assaut de l’EI contre les Yezidis, et qui ont permis à ces derniers de s’enfuir en partie vers la Turquie).
Le seul personnage de la vie politique turque qui articule un discours conscient, crédité de 8% des votants à l'élection présidentielle, le kurde Selahattin Demirtas, a beau jeu d’interpeller le gouvernement sur le fait que si ce n’était ni des Yezidis, ni des kurdes, qui étaient ainsi agressés, mais par exemple des azeris, on s’agiterait plus.
Je me risque à penser que le peu d’empressement à faire quelque chose d’utile - et cela au détriment des intérêts à très court terme de la Turquie qui se retrouve avec un si funeste voisin - finira par prendre le gouvernement turc par les couilles. En attendant, quel spectacle pourra-t-il servir à ses insistants « alliés » pour faire preuve de sa bonne volonté ?



mardi 16 septembre 2014

Djihadistes d'Ankara


Dans l’un des plus pauvres quartiers de la capitale turque, Can qui avait passé une grande partie de sa jeunesse accro aux drogues, ne pensait pas qu’il avait grand chose à perdre en partant pour la Syrie rejoindre les groupes djihadistes, en compagnie d’un ami d’enfance.
Il a  27 ans, quand il est envoyé au feu après 15 jours d’instruction dans un camp d’entrainement à Rakka. Il a tué deux hommes et a participé à une exécution publique, durant laquelle les militants de l’EI, lui ont assuré qu’il fallait enterrer un homme vivant pour devenir un guerrier accompli de la cause.
« Là-bas faire la guerre c’est comme rentrer en transe » dit Can, qui ne veut pas dire son nom par peur de représailles.
 « Tous crient «  Allahu ekber » et ça vous procure une force mystique pour tuer l’ennemi sans peur du sang ou des entrailles répandues » explique Can.
(…) Malgré les centaines d’étrangers qui rejoignent le djihad, le plus grand fournisseur reste la Turquie. (…)
Un quartier moyenâgeux du centre touristique d’Ankara, Hacibayram, est même devenu depuis l’année dernière un centre de recrutement pour l’EI. Les habitants estiment qu’au moins cent personnes du quartier sont partis pour participer à la guerre.
Le muhtar du quartier a raconté que tout avait commencé avec l’apparition d’un étranger barbu et qu’ensuite tous les drogués de Hacibayram s’étaient mis à se rendre à la mosquée.
Un des premiers qui dans le quartier  à rejoint l’EI,  s’est élevé en 3 années jusqu’au grade de commandant régional de Rakka. Les habitants ont assuré qu’il revenait à Ankara régulièrement et qu’il ne manquait pas à chacun de ses retours en Syrie d’emporter avec lui des recrues. Les jeunes du quartier n’ont pas manqué d’être sensibles à ses photographies les armes à la main, postées sur internet.
L’agressivité avec laquelle est menée la « réhabilitation urbaine » dans le quartier a mis à terre, l’année dernière, la seule école du quartier, encourageant les jeunes à passer plus de temps devant internet. Un habitant dépendant des aides gouvernementales pour vivre, a déclaré : « il y a actuellement dans le coin sept mosquées et pas une seule école. La vie des enfants ici, est si vide qu’ils peuvent se trouver n’importe quel prétexte pour participer à n’importe quoi. »
Dans un bâtiment en ruines deux enfants jouent à la guerre. Un enfant syrien passe à proximité il est poursuivi, mis à terre et frappé avec les armes en plastique. « Je vais te tuer » crie l’un tandis qu’un autre lassé, s’éloigne en criant que les jouets c’est chiant et que chez lui il a de vraies armes.
Le père de l’enfant déclare qu’il soutient entièrement l’EI et qu’il attend que ses enfants grandissent encore un peu pour réaliser son souhait de les envoyer à Rakka.
Can, avec deux des 10 amis qui avaient pris la route du djihad, est retourné à Ankara après 3 mois passés à Rakka. «  L’Ei sont des sauvages. Ils interprètent le Coran comme ça les arrange. Jamais Dieu n’a donné l’ordre de tuer des musulmans. » dit-il pour montrer à quel point il a changé.
(…)
Il ajoute : « quand vous combattez ils vous donnent 150 $ par jour. Et tout est gratuit. Même les boutiquiers par peur vous donnent tout gratuitement ».
(…)


D’après un reportage du NY Times traduit dans radikal.com.tr

lundi 15 septembre 2014

Saturne dévoré par ses enfants


Interrogé dans la foulée des décès récurrents de jeunes et d'adolescents à cause d'overdose de « Bonzaï », cannabis synthétique dans lequel il y a on ne sait pas trop quoi, mais certainement pas mal de merde,
le professeur Ayhan Aktar, de l’université Bilgi a déclaré dans un interview :
" Ces treize dernières années, le gouvernement AKP a multiplié par deux la part des classes moyennes dans la population turque ( de 21 à 41% ). C’est aussi pour ça qu’il reçoit des voix. Les classes moyennes sont, partout dans le monde, connues pour être des bons vivants. Toujours affamées, jamais rassasiées. Produits de maquillage, fringues, etc..
Le type pauvre lui, ne peut pas aller ni au resto ni boire une bière. 
Avec l’explosion de la consommation en Turquie, l’élargissement de la classe moyenne est visible à travers les créations d’ AVM (centres commercial), le nombre de voitures neuves vendues.
La chute du nombre de votants au cours du dernier vote, est lui aussi imputable à cette évolution. Les partisans de l’AKP aussi, sont partis en vacances, pas seulement les CHP.
Cette classe moyenne recherche des lieux pour se divertir. Dans l’état des choses, il est normal qu’un étudiant veuille sortir une ou deux fois par semaine avec des amis dans certains lieux qu’il affectionne.
Prenons un exemple : si dans un café il boit deux grandes bières, avec quelques amuse-gueule, l’addition s’élève entre 30 et 40 livres. C’est au dessus du budget moyen d’un étudiant. Cette politique de taxes exagérées sur l’alcool engendre une très sérieuse gêne en Turquie. La taxe est de 52% sur la bière, de 55% sur le raki, de 25% sur le vin. Dans le cas où vous empêchez les possibilités de socialisation par la politique des prix, les jeunes vont glisser vers d’autres voies. Et là on se retrouve face de cette réalité amère qu’en dehors de l’alcool, les produits dopants de substitution sont les drogues synthétiques dont le BonzaÏ.
Selon les recherches il n’y a aucun risque de développement de l’alcoolisme dans notre pays. 83 % de la population ne boit jamais d’alcool, seuls 17 % en boit et une part importante de ces 17% ne boit qu’en groupe, à l’occasion de mariages, d’anniversaires divers, de fêtes sociales, En situation de socialisation on consomme de l’alcool. Ce n’est pas pensable de qualifier ces gens d’alcooliques comme le stigmatise la direction de l’Akp. Malheureusement, tandis que l’on essayait d’enfermer les jeunes chez eux en réduisant les lieux où ils pouvaient aller respirer comme bon leur semblait, on entrouvrait la porte du glissement vers les drogues synthétiques.(..) Le bonzaï est moins cher que la bière. Tout est dit.

Bien que le nombre de consommateurs soit si faible, il y a un véritable emballement dans l’industrie vinicole. Pourquoi ? Les femmes ont commencé à boire du vin. En général, pour s’endormir..
(...)
Parmi les autres politiques mises en oeuvre il y a les interdictions liées à la cigarette. Bien sûr la cigarette est nocive. Il est interdit de fumer quand on conduit mais bouffer un hamburger ou boire un coca est permis ! Selon moi il y a derrière toutes ces interdictions un conservatisme alaturka.

Un des traits les plus manifestes de la culture dominante des pays du moyen-Orient est l’hypocrisie. Les populations moyen-orientales encouragent l’hypocrisie.
(…) 
Les codes culturels de ce pays disent aux jeunes : au lieu d’aller boire deux bières avec des amis dans une brasserie, reste dans ta chambre et prend ce que tu veux. Tu ne va pas tituber en marchant, tu ne pueras pas de la gueule. On ne se rendra compte de rien. Nos codes culturels ont ouvert la voie à la diffusion en masse de l’usage des stupéfiants.
Par certains côtés, le pouvoir Akp à des airs du règne du sultan Abdulhamid II.  A son arrivée au pouvoir, lui non plus n’avait pas de cadres pour son administration. Il a ouvert des écoles pour produire les bureaucrates nécessaires. Il a réformé l’Académie Militaire. De ce fait, le fils d’un fonctionnaire des douanes appartenant à la classe moyenne, Mustafa Kemal, et le fils d’un fonctionnaire des sciences, Enver, ont été dans ces écoles. Dans ces écoles ces étudiants ont été confrontés à d’autres manières de penser. Et puis ils ont renversé en 1908, le sultan qui leur avait donné cette opportunité. N’ayez aucun doute, ce sont les classes moyennes engendrées par l’Akp qui le renverseront.
A l’époque du parti unique, dans l'entre-deux guerres, les Instituts de Village crées par les kemalistes pour produire des fidèles à sa cause, n’ont pas eut l’effet escompté. De ces Instituts est sorti toute une troupe de gauchistes. Pour moi, le développement des écoles religieuses aujourd’hui produira le même effet pour l’Akp que les Instituts de Village pour les kémalistes. Il n’y a aucune règle qui permettrait de croire que ces écoles produiront le style de type attendu par ses promoteurs. Il y en a qui boiront de la bière ! A l’époque des Lumières en Europe les plus fervents athéistes étaient d’anciens séminaristes.
Le centre de loisirs des 14 millions de gens d’Istanbul se trouve à Beyoglu et dans sa périphérie.
Le samedi soir pour reprendre le pont sur le Bosphore on se retrouve coincé dans les embouteillages, même à 2h du matin, à cause du fait qu’on a interdit la liaison maritime Kabatas-Üsküdar. Dans les années 1970  il y en avait toute la nuit. 
L’administration publique te dit ceci : si tu veux aller à Beyoglu il faut que tu rentres à 1h du matin. 
Tout ça c’est des petits détails, mais avec une tête pareille, c’est difficile de gouverner un pays dans lequel la classe moyenne a pris autant d’importance. 
En se disant je vais créer des générations musulmanes et satisfaire mon petit milieu d’amis islamistes, on risque de prendre des mauvaises décisions. (...) Et ensuite elles vous reviendront sous la forme de « bonzaï » au visage. 




http://www.taraf.com.tr/haber-buyrun-bonzai-namazina-163728/

samedi 13 septembre 2014

Service Public, c'est bon pour les affaires


Le troisième aéroport d'Istanbul à la capacité surdimensionnée, actuellement en chantier, peut-il s'avérer non-rentable ?
Le précédent de l'aéroport de Kütahya, à l'inauguration duquel R.T. Erdogan s'était publiquement félicité " qu'il n'avait rien couté aux finances publiques ", et qui s'avère à l'usage un gouffre pourrait le laisser craindre.
La garantie offerte par l'état que celui-ci drainerait par an un trafic de 850 000 passagers - chiffre  supérieur à la population régionale ( 572 000 ) - lui a couté cette année 4,1millions d'€, le trafic enregistré n'étant pas supérieur à 84 000 passagers.
La gestion de l'aéroport ayant été accordée pour 30 ans, l'état devrait combler le déficit de l'exploitant durant les 29 années restantes, selon les estimations une facture de 200 millions d'€.
Sachant que la construction de l'aéroport a couté à la firme exploitante 50 millions d'€, ça reste intéressant. A ce niveau il est difficile de croire qu'il s'agit d'incompétence, ne reste que la complaisance.
Source : http://www.taraf.com.tr/haber-yap-islet-soy-duzeni-163656/

mardi 9 septembre 2014

10 morts sur le chantier du Torun Center (suite)


Prometteur promoteur..

L’entrée des chantiers du Torun Center bouchée et gardée par les flics, qui semblent apprécier l’environnement.



150 ouvriers seraient retenus à l’intérieur du chantier par les promoteurs, la plupart ont eu peur de participer à la manifestation contre leurs conditions de travail, tandis que tous ceux qui manifestaient auraient été renvoyés.


lundi 8 septembre 2014

Rotation accélérée du capital de dettes


Il est assez déprimant ce blog, et je m'en veux de servir un tel vomi à mes lecteurs. Cela fait assez longtemps que l'étalage du scandale permanent auquel on est confronté, n'engendre pas grand chose d'autre qu'un effarement impuissant, réalimenté quotidiennement par de nouvelles incuries qui ne débouchent sur rien d'autre que l'acquittement des responsables et la répression des victimes.
Je suis donc sincèrement outré d'avoir à vous administrer la dose massive du jour.
Samedi 6 septembre, un ascenseur de chantier transportant 10 ouvriers du bâtiment a chuté du 32ème étage les tuant sur le coup. Comme d'habitude les ouvriers s'étaient plaints du manque de maintenance sans que rien ne soit entrepris. Sur ce chantier prestigieux, sis à l'emplacement de l'ancien stade de Galatasaray - offert à un ami d'enfance de R.T. Erdogan, le désormais patron de holding, Aziz Torun - la pratique usuelle est de payer les amendes pour non-respect des normes, sans que rien ne s'ensuive dans la marche du chantier.
La loi fixant la fin du travail sur le chantier à 19 h n'était pas respectée, on y travaillait 24h/24, les ouvriers logés sur place dans les conditions habituelles de dénuement.
Un tweet posté en mai par la Chambre Médicale d'Istanbul prévenait : "Nous déclarons que malheureusement sur ce chantier nous devons dès à présent nous attendre à perdre 8-10 personnes".
La conférence de presse où s'est pavané le CEO de l'entreprise a déclaré entre autres démentis, que "les accidents du travail mortels sont une fatalité dans ce secteur industriel "! et qu'une formation sur la sécurité de 16 heures était dispensée pour chaque ouvrier pénétrant sur le chantier, laissant entendre que ce serait les ouvriers qui auraient fait preuve d'imprudence. Son modèle et ami R.T.E avait déjà utilisé le même argument de la fatalité à propos des "accidents inévitables dans ce secteur d'activité", à l'occasion de la catastrophe minière de Soma où plus de 300 mineurs avaient perdu la vie cet hiver dans les mêmes conditions de négligence et d'impunité. Le secrétaire général du syndicat DISK a rétorqué que la dite formation de sécurité ne durait qu'une heure et que de surcroît elle était facturée 35 € à l'ouvrier. Un ouvrier a déclaré qu'elle accordait moins le droit de travailler que celui de mourir.

dimanche 7 septembre 2014

6-7 septembre 1955

C'est aujourd'hui l'anniversaire de l'agression programmée du 6-7 septembre 1955 contre les non-musulmans d'Istanbul, perpétuée par des groupes d'émeutiers réunis à cet effet dans diverses villes  d'Anatolie  et transportés sur Istanbul. Durant lesquelles 4214 maisons, 1004 commerces et entreprises dont des usines, des hôtels, des bars, 73 églises, une synagogue, 2 monastères, 26 écoles, ont été saccagés. 30 grecs d'Istanbul ont trouvé la mort, 300 blessés, on estime le nombre de viols supérieur à 200. La police non seulement n'a pas défendu les commerces attaqués mais a participé de près à l'organisation.  Le but des dirigeants de l'époque ("Parti Démocrate") était de déclencher ce chaos pour proclamer la loi martiale. Cet événement sonna pour de bon la fin de la communauté grecque d'Istanbul qui émigra en masse.

Assez symptomatique de la persistance des méthodes de gouvernance qui ont toujours fait leurs preuves,  ce matin à Besiktas(Istanbul), un groupe de travailleurs municipaux en grève depuis 50 jours qui tenait un meeting dans un parc en compagnie de leurs familles et de sympathisants, a été attaqué par un groupe de civils amenés sur place par autocars, armés de pierres, de bâtons, et de ceinturons. Ce qui a occasionné plusieurs blessés parmi les participants. A la suite de quoi sont intervenus des forces de police anti-émeute qui ont lancé quelques cartouches de gaz lacrymogène sur les blessés et ceux qui tentaient de leur venir en aide. Pendant ce temps le groupe d'agresseurs a été évacué par des véhicules prévus à cet égard. Aucun membre du groupe agresseur n'a été interpellé.
Afin de mettre un peu de piquant dans cette affaire assez banale en Turquie - d'autant plus aujourd'hui - il faut souligner que Besiktas est un des bastions du premier parti d'opposition (qualificatif à employer avec grosses pincettes) le CHP, célèbre pour son incapacité proverbiale à articuler un quelconque discours crédible qui manifesterait ses capacités à prendre en compte les problèmes récurrents de la société - sans même parler de ceux qui sont plus contemporains - et notoirement aussi corrompue quand l'occasion se présente, que son flamboyant concurrent au pouvoir, l'AKP.
Donc le maire est CHP. Les travailleurs municipaux sont à + de 90 % encartés au CHP. Mais les directives concernant la gestion municipale ne différent en rien de celles d'une quelconque  entreprise. On sous-traite donc le boulot à des boîtes extérieures ("souplesse", syndicalisation faible).
Que le maire fasse intervenir des barbouzes pour intimider des grévistes appartenant à son parti, est vécu avec incrédulité par nombre de manifestants, tandis que d'autres, moins abattus, manifestent leur exaspération. L'intervention des flics, elle, continue.

samedi 6 septembre 2014

La police turque, complice des djihadistes

Un journaliste, Mehmet Bozkurt, arrêté et retenu au commissariat d'Urfa, a passé 8 heures en compagnie de 30 djihadistes qui avaient été arrêtés autour de la frontière turco-syrienne par les gendarmes et livrés à la police depuis environ 2 mois Majoritairement arabes (+ quelques tchéchènes et un qui s'exprimait en français), ils se déplaçaient à leur guise dans le commissariat, équipés des derniers modèles de smartphones sur lesquels ils écoutaient des chants religieux. Mehmet, qui ne pouvait cacher son étonnement, demanda à un policier quand seraient-ils déférés devant le procureur. La réponse du policier :
" On les retiens par précaution. Ils ne sont pas en garde à vue. On ne sait pas quand on va les libérer. On attend les ordres d'Ankara. "
Par précaution, la seule cellule fermée fut réservée à Mehmet, les autres étant dans des cellules toujours ouvertes. Les militants de l'état islamique faisaient la loi dans le commissariat, interdisant aux autres détenus de fumer du tabac. Ils auraient même menacé un policier qui fumait, ce qui aurait entrainé une sérieuse bagarre verbale. Les policiers du commissariat passaient leur temps libre avec les prisonniers et ne semblaient pas s'en plaindre. Avant d'être transféré chez le procureur, Mehmet est témoin de la prière collective des militants et ne manque pas d'être surpris de leur façon de prier différente des turcs," à la manières des femmes en se tenant la poitrine".

vendredi 5 septembre 2014

Petit déjeuner

Le passage par la Turquie, qui reste l'antichambre et l'hôpital des djihadistes, est le point de passage principal de tous les whities aspirants à l'horreur. Rappelé à l'ordre pour sa passivité, la Turquie a soi-disant adopté des mesures plus restrictives pour la surveillance de la frontière syrienne afin de filtrer les djihadistes. Celles-ci n'ont eu apparemment comme seul effet que de faire grimper le prix demandé par les passeurs qui a bondi de 10 $ à 25$. (Bloomberg News)
A ce prix-là, ça reste avantageux.

L'extermination des gülenistes continue avec la mise à mort de Bank of Asia, première capitalisation parmi les banques "islamiques"de Turquie avant le mois de décembre ( mois des révélations sur le système Erdogan). L'administration turque a coupé les ponts et fermé ses comptes auprès de la banque. Les déposants ont suivi le mouvement, ce qui a mis la banque à genoux et a entrainé la suspension de la cotation en bourse par le BDDK (comité de régulation et de contrôle bancaire) qui, de surcroit, empêche toute autre banque de s'en porter acquéreur.

jeudi 4 septembre 2014

Ah les beaux jours !

L'élection de R.T. Erdogan à la présidence de la république une fois acquise, l'offensive contre les procédures lancées contre son fils Bilal et lui-même, basée sur des écoutes téléphoniques dans lesquelles il est question de dissimuler au plus vite d'énormes quantités d'argent présentes au domicile de Bilâl avant une possible perquisition policière lancée par ses anciens alliés gülenistes au sein de la Magistrature et de la police - au prétexte de lutte contre la corruption généralisée du système mis en place par son parti -  ont été purement et simplement annulées. De surcroît, tous les acteurs (accessibles)  à l'origine de ces opérations anti-corruption se retrouvent en prison ou écartés.
Toutes les affaires mettant en cause les incompétences, les exactions des policiers durant les manifestations, ou les arrangements hors-la-loi des affidés du système suivent le même sort.
Que tous ceux qui croient encore à un quelconque changement de direction de R.T. Erdogan, une fois celui-ci devenu président, se cachent. La dictature basée sur la démocratie, une fois celle-ci réduite aux nombre de votants, fait plus que jamais recette. Pendant ce temps, chez les nombreux  partisans du mode de vie prôné par l'ancien premier ministre, rien ne parait entacher la confiance accordée à celui-ci.
Normal, on ne va pas se chier dessus.
Quant à ceux qui n'adhèrent pas à une telle société, une grande majorité semble s'y résigner comme à quelque chose d'inéluctable.
Les irrégularités sont telles que les ministres font mine de s'inquiéter des conséquences qu'elles peuvent entrainer pour la "Nouvelle Turquie" (qui ne fait qu'entériner et généraliser les pratiques de l'ancienne). Alors que le nombre de logements neufs invendus a dépassé le chiffre d'un million, on attend à la rentrée le lancement de  nouveaux programmes de construction de cités, soutenus par de grosses campagnes publicitaires. Le profit facile à se faire dans le bâtiment détourne les investisseurs de l'industrie, s'inquiète le ministre concerné.




samedi 16 août 2014

Turquie éternelle

Le mur de soutènement du terrain sur lequel se bâtit le  Palais des Congrès, le parking, la nouvelle Mairie, et le Palais des Sports du quartier d’Üsküdar sur le Bosphore côté asiatique, a été emporté par un glissement de terrain, engloutissant le bidonville qu’il surplombait. Vraisemblablement à cause des pluies torrentielles de ces dernières semaines, mais surtout à cause de l’absence de toute étude sérieuse sur les risques. C’est un comble dans une ville comme Istanbul qui est devenue un immense chantier, démolissant des quartiers entiers d’immeubles précaires sous prétexte justifiable du risque encouru en cas de tremblement de terre. Les promoteurs s’en donnent à coeur-joie. Au bout du compte : une vraie manne pour rentabiliser de l’argent facile et des catastrophes à prévoir car aucun travail  d’infrastructure n’est sérieusement entrepris par les Municipalités. Les projets présentés par le secteur privé ou public sont soumis à des règles et des contrôles stricts - dit-on - mais il n’y aucune volonté de viabiliser le substrat qui les accueille. Au meilleur des cas il suffit de poser des caisses de béton (bien) armé sur du sable. Une autre illustration de ce travers est fournie par la grande place des embarcadères d’Üsküdar, régulièrement envahie par la mer en cas de fortes précipitations, occasionnant même un mort dernièrement, alors qu’on vient d’y bâtir l’ultra-médiatisé tunnel ferroviaire sous le Bosphore, sans que personne ne s’inquiète de l’évacuation de l’eau de pluie en provenance de toutes les pentes bétonnées qui y déversent leurs torrents.

mardi 22 juillet 2014

Les travestis d'Izmir


Izmir, un type du nom d’Öznur a recueilli 200 signatures de commerçants à sa pétition demandant l’expulsion des travestis du centre-ville et exigeant un encadrement de leur activité par l’état (?). A la suite de quoi Il s’est mis en tête d’organiser une manif dans le quartier le plus animé de la ville, sauf que les commerçants se sont tous défilés. Selon lui les travestis feraient la loi dans plusieurs quartiers d’Izmir, et les commerçants, par peur des représailles se seraient décommandés. Qu’à cela ne tienne il a engagé contre  rétribution des gens qui seraient selon lui ses employés, pour tenir des pancartes sur lesquelles est écrit - par exemple - : « J’ai perdu tout contact avec Allah, que celui qui s’en rend compte, me le rende ». A la conférence de presse qui suivit la manif, Öznur a déclaré agir ainsi au risque de sa vie et que s’il s'était souvent rendu sur place pour surveiller les activités des travestis, c’était avant tout pour protéger les droits des ivrognes et les soulards qui sont leur victimes. Et ceux des petits enfants qui sont comme des spectateurs pris en otage.

Alévis vs Erdogan

Le premier ministre turc qui veut ratisser large et se montrer sous son meilleur jour a essuyé un cinglant refus de la part des organisations alevies qu’il avait invité à partager avec lui  le repas de rupture du jeûne (iftâr). 
Il faut se rappeler que les alevis ne font pas le ramadan. Le président de la fédération Alevi-Bektâchi Fevzi Gümus a déclaré : «  Durant ces 12 ans de règne de l’Akp, l’état turc est devenu littéralement sa propriété (…)il a supprimé les quelques miettes de laïcité existantes, a soutenu et banalisé le mensonge, la corruption, les pots-de-vin. La politique est dominée dans tous ses secteurs par un parti-pris musulman. (..) La personne qui nous invite est celle qui s’est félicitée d’avoir ordonné et couvert toutes les exactions de sa police, les meurtres de tous les jeunes alevis durant les manifestations de Gezi en 2013. Participer à l’iftâr offert par un tel individu reviendrait à approuver ces meurtres. De surcroit, depuis décembre 2013 et les révélations sur toutes les falsifications et corruptions dont il s’est rendu coupable (et qui sont aujourd’hui étouffées) il ne nous est pas possible de partager un iftâr financé par de l’argent impur. « 

dimanche 20 juillet 2014

Cueillette dominicale


La page Sécheresse

Les villageois d’Ekinyolu près de Bingöl ont envahi en famille la route nationale qui relie Bingöl à Mus et l’on fermée au trafic pour protester contre l’absence totale d’eau depuis 20 jours. Ils accusent l’inertie de la Municipalité qui envoie un tanker d’eau impropre à la consommation de temps à autre, ce qui ne manque pas d’engendrer des infections graves. Ils menacent de détourner une partie des eaux qui transitent sur leur commune à destination des villes voisines, si rien n’est entrepris.

La page Détente

A Atasehir/Istanbul, alerté par un appel signalant que le drapeau turc ne flottait plus dans la cour de l’école primaire, la police a immédiatement expédié plusieurs équipes sur les lieux. Le drapeau recouvrait le buste d ‘Atatürk. Une recherche d’indices sur une grande échelle a été mise en place. Les investigateurs ont noté que les cordes avaient été coupées, beaucoup de traces d’empreintes ont été relevées. Les enregistrements des caméras de surveillance de l’école sont en cours d’examen afin de trouver les coupables. Le drapeau a été mis dans un sac cacheté. Sur ces entrefaites un  voisin a déclaré à la police qu’il avait vu 5-6 gosses, le soir d’avant, dans la cour de l’école, descendre le drapeau et qu’ils s’étaient enfuis en laissant le drapeau sur le buste quand il les avait apostrophés. Les équipes continuent leur recherche sur le terrain et vont tenter de mettre la main sur les coupables.

vendredi 18 juillet 2014

« Vol spécial » de Fernand Melgar jusqu'au 22/07/14 sur Arte+7

Le film sur le foyer-prison de l’aéroport de Genève qui accueille parfois pendant des très longues durées ( jusqu’à 18 mois) des résidents en Suisse sans statut, en attente d’expulsion vers leur pays d’origine, en laissant sur place famille, enfants, travail, parfois 20 ans de leur vie, est très poignant. En réunissant au quotidien dans un même lieu des « pensionnaires » d’origines diverses (en majorité africains) et des gardiens tenus à appliquer la détention qui précède l’expulsion quasi-inévitable, tout en manifestant un comportement respectueux des règles humanitaires, il se crée des amitiés improbables dans la vie courante. Le sort des prisonniers n’a rien d’enviable mais ils se retrouvent dans une situation dont ils sont les jouets. Une situation  absurde mais qui les dépasse, comme une décision divine : il va falloir se résoudre à comprendre que la vie qu’ils menaient  jusque là est finie. Morte pour peut-être rien d'autre qu'un défaut de vignette sur le pare-brise. Ce qu’ils vivent les meurtrit profondément, mais la tragédie est si complète qu’elle instaure entre eux un sentiment d’égalité. 
Du côté des gardiens la situation est différente. Tout le travail de l’encadrement consiste à faire accepter aux prisonniers le sort qui les attend, sans faire de vagues. Ils sont missionnés pour leur travail de mi-maton, mi-assistance humanitaire au service de la Fédération mais Ils paraissent logiquement les plus gravement perturbés par cette apparente contradiction qui consiste à traiter avec humanité l’inhumain. Avec une sincérité qui n’est jamais démentie, ils tentent de gérer l’ingérable. 
C’est un moindre mal mon cher Hofmann-Roche, car nous avons tout ce qu’il faut en Suisse comme antidépresseurs !
Toute cette énergie dévoyée au service de l'absurdité de la Loi ne peut éviter de mettre les hommes de diverses origines en contact direct les uns avec les autres pour mieux les en priver.

http://www.arte.tv/guide/fr/043673-000/vol-special

Gaza c'est chiant

Le Monde publie une chronique  d'Alain Frachon, au titre provocateur : « Israël-Gaza : l’indifférence », qui fait le constat suivant : le conflit israëlo-palestinien passe désormais aux yeux du monde pour un problème limité et sans conséquence sur le redéploiement des bonnes affaires internationales, en particulier avec Israël, et dont il faut s’accommoder.

La fuite en avant alternant avec des périodes de dépression paralysante semblerait être une des caractéristiques de la gestion politique du capitalisme contemporain. Il reste peu de temps à consacrer à des vieilleries comme ce conflit dans une région dans laquelle tout ce qui est entrepris se retourne contre ceux qui s’y sont commis et n’engendre que chaos. 
Personne ne semble capable de tenter de dénouer ces conflits, dont les années passées sans solution ont contribué à figer les positions, telles des tranchées d’une guerre de 14 qui n’aurait pas de18. Alors, se dit le Bon Gestionnaire, laissons les se bouffer entre eux, tant qu’ils ne sont pas indispensables. 

Il est assez couramment admis que ce conflit est « la Mère de toutes les batailles » et que même si ses enfants se débrouillent plutôt bien sans elle, il reste toujours une référence internationale aux yeux des opinions publiques des pays musulmans. Même s’il ne se transforme pas en activiste, le citoyen ne peut rester insensible à cette disproportion des forces en présence et de l’impunité dont jouissent depuis toujours les israéliens. C’est très bon pour l’image que se fait le pékin de la conspiration anti-musulmane et ce n’est pas la bienfaisance qui pourra rattraper ce déficit.

Il est totalement vain de penser que la Turquie, malgré ses différences qu’on aime à souligner, restera un ilot préservé de la démence à l’oeuvre dans son environnement proche.

Le consulat d’Israël à Levent/Istanbul a vu ses vitres brisées et les manifestants ont été combattus par la police lorsqu’ils ont forcé la porte du consulat. Parmi les slogans : « Frappe frappe Hamas frappe, frappe Israël ! ». 
A Ankara, un nombre important de manifestants à tenu l’ambassade d’Israël sous des jets de pierre et a suspendu le drapeau palestinien sur le mur du jardin, sans que la police n’intervienne, sauf si on tentait de pénétrer à l'intérieur.
A Adana c’est le consulat américain qui essuie les plâtres. 
Les manifestations ont lieu la nuit, pour cause de ramadan, accompagnées de lectures du Coran, et dans la foulée, la prière du matin.

Diyarbakir, les suites du saccage de l’iftâr du consul américain.
(Pour le début voir à droite l'article Diyarbekir)
Un bureau d’une association de kurdes fondamentalistes a été la cible d’une attaque à l’aide de bombes artisanales qui n’a fait aucun blessé. Les fondamentalistes sont alors sortis pour attaquer à leur tour les bureaux d’une association ennemie, qui se trouvait dans le même quartier. Les affrontements entre les deux groupes ont suivi, la police est intervenue et les affrontements ont duré une partie de la nuit. Un type a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à faire usage de sa machette. Une voiture qui tentait de s’enfuir a été arrêté au moment où son conducteur tentait de se débarrasser de son pistolet. Un innocent bandit, j’espère.

jeudi 17 juillet 2014

Cueillette du jour dans la presse turque


Aujourd'hui une seule page à plusieurs entrées, la page People :

   L’aéroport d’’Antalya a enregistré la plus forte arrivée de touristes de son histoire.

Les problèmes soulevés par la présence massive des réfugiés syriens en Turquie ont été particulièrement aigus la semaine dernière avec les agressions dont ils ont été victimes de la part des quartiers voisins à  Antep, Maras et Adana. A Istanbul les syriens réfugiés sont partout. Beaucoup se regroupent dans les maisons en attente de démolition dans le cadre de la rénovation urbaine, à deux pas de la Mairie d’Istanbul entre le parc de Saraçhane et Vefa. Des familles occupent des portions de trottoir et tentent de s’isoler en tendant des fils sur lesquels ils étendent leurs habits. 
« Nous trouvons du travail dans le ménage. On trime14 h/jour. Et à la fin on ne nous paye pas ce qu’on nous doit. Du coup nous avons arrêté de travailler. Actuellement nous survivons grâce aux tables offertes  par les mairies pour la rupture du jeûne » dit un jeune assis sur une couverture dans le parc. Il y en a beaucoup qui n’ont aucune nouvelle du reste de la famille. Il survivent grâce à l’aide municipale : un colis par mois qui contient tout ce qu’on est censé avoir besoin, des légumes secs aux produits d’entretien.
Le quartier de Vefa avec ses syriens campant dans les maisons abandonnées est actuellement transformé en studio de tournage pour une série américaine (« Tyrant »). L’équipe n’ayant pas pu tourner les séquences qu’elle comptait faire à Gaza, elle s’est rabattue sur Istanbul. 
Le face-à-face promet d’être instructif et quelques rôles de figurants.

D’après Enes Yildiz/Taraf Gazetesi

http://www.taraf.com.tr/haber-devlete-degil-sokaga-sigindilar-159492/


Le nombre de défaillances dans les remboursements des prêts personnels et  des dettes accumulées sur les cartes de crédit sont depuis 5 mois en forte augmentation. Selon les données du Centre des Risques de l’Association des Banques de Turquie durant cette durée  le nombre des défaillants a dépassé les 600 000. On a enregistré une hausse de 25,4% par rapport à la même période en 2013 ( +23,5% sur les cartes de crédit, +28,3% sur les prêts personnels). Un économiste, Mustafa Sönmez, a qualifié cette augmentation de »dramatique» et pense que cela va continuer.


Diyarbekir

Le consul général des Etats-Unis à Adana, engagé dans sa tournée annuelle de reconquête des coeurs par le ventre à l’occasion du Ramadan, offrait le 15 juillet sous la tente dressée à cet effet par la Municipalité, un dîner de rupture de jeûne pour 1500 personnes à Diyarbekir.
C’est l’occasion rêvée pour les kurdes fondamentalistes sunnites. Une demi-heure avant le repas un groupe de 500 personnes poussant son fameux cri de guerre, attaque la tente et la ravage. La raison invoquée pour cette dévastation est l’absence de réaction des Etats-Unis à l’agression israélienne contre Gaza. 
II faudra attendre qu’ils répandent tout par terre, blessent quelques personnes, brulent tranquillement un drapeau américain, cassent le mobilier pour que la police, observant la scène, se décide à intervenir.  
Un affront pour les Etats-Unis certes, mais aussi et surtout pour la mairie kurde progressiste qui aime promouvoir l’idée d’une ville respectueuse de ses communautés disparues. Ces fondamentalistes islamistes dont les racines, entrelacées avec les services secrets turcs, remontent aux années 1970, auraient réussi sous un précédent avatar, le 18 avril 2010, à rassembler 120 0000 personnes selon la police (300 000 selon les organisateurs) pour un meeting à Diyarbekir à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de leur Prophète.
Quoiqu’il en soit, les jeûneurs qui attendent, rejoints par ceux qui arrivent, accusent la police d’avoir laissé faire, ce qui suscitera quelques heurts. Certains vieux épuisés s’évanouissent, d’autres essaient de récupérer des plats répandus par terre en se servant sur le dessus. 
La vice-présidente de région, a qualifié cette action de provocation et a mis en garde ses organisateurs (qu’elle a pris garde de ne pas nommer) contre le danger de provoquer la population : « Car une fois le peuple de Diyarbekir en colère il n’existe aucune force qui puisse lui résister ". 
Derrière l’envolée j’ai l’impression qu’elle connait parfaitement de quoi elle parle. 

Sur les kurdes islamistes : http://en.wikipedia.org/wiki/Free_Cause_Party

jeudi 10 juillet 2014

Sevan Nisanyan



Il est particulièrement honteux de chercher par tous les moyens à abattre Sevan Nisanyan,  flamboyant activiste intellectuel d’origine arménienne. Rentré en prison semi-ouverte en janvier 2014 pour purger une peine de deux ans, pour construction illégale d'une soixantaine de m2 dans le village où il vit, dans un pays où  énormément de bâtiments construits n’ont pas de permis, il se retrouve dans une prison fermée avec quatre années à purger sans compter la bonne vingtaine de procès qui l’attendent. Depuis le temps que ce type dit des choses, que l’hypocrisie et l’ignorance en Turquie n’ont pas envie d’entendre, et cela sur n’importe quel sujet, il est sérieusement à craindre que Sevan tombé entre leurs mains, ait besoin d’un puissant soutien. D’autant que le centenaire du génocide arrive l’année prochaine et qu’il pourrait paraitre judicieux dans l’optique de la campagne négationniste de ne pas le laisser trainer dans la nature. 


Il y a dans le livre très instructif de Guillaume Perrier et Laure Marchand « La Turquie et le fantôme arménien », un chapitre consacré à Sevan Nisanyan

Misère de l'Amazonie


Une tribu amazonienne dont  les brésiliens avaient, par hasard, appris l’existence en 1996 et qu’on avait décidé de laisser tranquille en évitant tout contact avec eux, a de sa propre initiative au début du mois de juin 2014 contacté des officiels pour se plaindre des agissements d’un groupe de 35 personnes étrangères qui aurait ravagé leurs jardins. Afin d’instruire la plainte, le gouvernement brésilien a donc du se résoudre à rétablir un contact. Un anthropologue, accompagné de personnel médical a été dépêché sur place pour prévenir les effets de l’exposition à des bactéries contre lesquels les Indiens ne sont pas immunisés. L’anthropologue Robert Walker de la Columbia University a souhaité que juste le personnel médical soit en contact avec la tribu et a demandé que la région soit mise sous quarantaine. Les chercheurs qualifient de « tragique » la décision des tribus d’avoir dû faire appel à l’administration brésilienne. 



mardi 8 juillet 2014

A la cueillette..

La page Luttes :
La sécheresse de cette année en Turquie a réduit la quantité d’eau disponible pour l’irrigation des cultures. A Battalgazi, dans la région de Malatya, réputée pour ses abricots, les agriculteurs ont essayé de marcher sur la préfecture avec leurs tracteurs. Le manque d’eau les a contraint à casser les canalisations d’égout pour en détourner le contenu pour arroser leurs tomates, aubergines et autres poivrons. Ajoutant que cela  ne manquera pas de causer à l’avenir de sérieux problèmes de santé aux consommateurs, les cultivateurs critiquent les autorités responsables selon eux de ne pas prendre les mesures qui les détourneraient de la nécessité d’utiliser les égouts pour l’arrosage. 
Je félicite ces courageux qui auraient aussi bien pu se taire - jusqu’au premier soupçon,certes - et qui sans doute pour prendre les devants ont désigné les responsables de la pollution qu’ils seraient contraints d’effectuer. Bien sur, on ne sait jamais tout.., mais c’est pas évident qu’on ait une folle envie de les soutenir.

La page sportive :
Selon l’EIIL :  « L’Etat du Califat Islamique a été fondé et il n’existe pas un état nommé Qatar qui pourrait organiser une Coupe du Monde. Le Qatar est dorénavant une partie de l’Etat Islamique. (…) Le calife, ne donnera jamais l’autorisation de jouer à des jeux vides et à l’organisation de divertissements. De ce fait, nous conseillons à la FiFA de chercher une alternative. Nous avons en nos mains des missiles  qui peuvent aisément atteindre le Qatar. Les américains le savent ». 

La page Bonnes Affaires :
Dans les régions de Syrie qui sont sous son contrôle, l'EIIL vient de baisser le prix du baril de pétrole brut qui était auparavant autour de 30 $, à 12 $. La bonbonne de gaz serait dorénavant offerte à tous les foyers dépendant de son administration.

dimanche 6 juillet 2014

mauvais vent

La page Musique :

Erkan Ogur, splendide musicien et esprit ouvert, devait donner un concert après la rupture du jeûne à Sakarya samedi dernier. 
Dans la journée un faux compte twitter ouvert au nom d’Erkan aurait commencé à diffuser des messages critiquant les services secrets turcs (MIT). 
La nouvelle va se diffuser avec un appel aux municipalités AKP de ne plus programmer un tel sauvage 
(« il n’a qu’à rester jouer chez lui »). La municipalité de Sakarya, servile, pour afficher sa soumission s’empresse d’annuler le concert.
Sans explication, si ce n’est de soi-disantes conditions météorologiques ( il faisait 28° ce soir-là, ciel légèrement couvert ).
Erkan n’a jamais eu de compte Twitter. Du coup son manager a été contraint de lui en ouvrir un pour de bon.

La page Santé :

Au Nigéria-Nord, dans une région qui vit sous la charia depuis 14 ans, un ingénieur chimiste de 29 ans qui a dit à sa famille qu’il était athée a immédiatement été interné à la demande de celle-ci dans un hôpital psychiatrique. Le premier médecin l’ayant trouvé en parfaite santé, la famille a eu recours à un second plus accommodant qui l’a mis sous traitement médicamental. Au bout de 18 jours d’internement, une opportune grève des médecins de l’établissement a entrainé la fermeture de l’hôpital, et il s’est retrouvé libre.  

jeudi 3 juillet 2014

Plein la panse


La main basse du parti au pouvoir sur toutes les ressources de la Turquie se porte bien.

Depuis février des milliers de villes ont perdu leur statut de municipalité et leurs prérogatives au profit de leur centre régional. Cette centralisation au sein d’une seule Grande Municipalité des décisions concernant toute la région et les abus qui ne manqueront pas d’en découler n’est que la face visible de l’iceberg.

En fait - autant que je comprenne - les biens communaux d’une ville deviennent les biens de sa capitale régionale qui peut dès lors s’en servir comme elle l’entend. Là-dessus on fait passer au Parlement une loi qui autorise les municipalités à donner à qui elles l’entendent l’usage des dits-biens, même sans adjudication préalable, même gratuitement au besoin. Il suffit de faire rentrer le projet dans l’optique de la politique de développement régional.

La bataille engagée pour prendre le contrôle des vaches à lait touristiques trouve une bonne illustration dans la situation d’Ölüdeniz, aux alentours de Fethiye, tombé dans l'escarcelle de la capitale Mugla.

 Après avoir dénoncé, juste avant les élections de février, le protocole qui accordait l’exploitation du site à « Artisanats de Mugla » jusqu’en 2021, la Direction Générale de la Protection des Ressources Naturelles a transféré le droit d’usage de ces biens communaux à une nouvelle société mixte, qui détient le droit d’accorder une partie de l’exploitation à qui elle veut. A prix d’ami, grace à ces nouvelles lois taillées sur mesure pour mettre le pays en coupe réglée. L’exploitation de ce décor de couloir de métro qui rapporte 8 millions de LT par an, vient d’être adjugée pour 2,7 millions à une société privée.

Mais comme les discussions avec les exploitants évincés n’ont pas abouti, le 23 juin, la police et les gendarmes sont intervenus pour couper l’eau, l’électricité, fermer les cafétérias, les markets, enlever les parasols et les chaises-longues dessous les touristes médusés. C’est ce qui s’appelle une attitude ferme en des matières où d’autres auraient pris des gants. Le maire de la ville voisine de Fethiye a déclaré au cours des manifestations qui ont suivi : « depuis que les dirigeants de l’état ont quittés le chemin du Droit, on peut s’attendre à n’importe quelle catastrophe. Nous sommes tout à fait capables de gérer nous mêmes notre patrimoine. " Au dernières nouvelles la plage aurait rouvert..

mercredi 2 juillet 2014

Cueillette du jour



La page Histoire :


Le député Akp de Gaziantep Samil Tayyar a prétendu que l’incendie de l’hôtel Madimak à Sivas, le 2 juillet 1993,  perpétré par la foule ameutée par les islamistes de l’époque et qui couta la vie à 37 personnes principalement alevis venus pour participer à un festival, a été perpétré par les services secrets allemands qui voulaient affaiblir la Turquie en attisant la haine entre sunnites et alevis. 
Quand on lit sur Wikipedia la liste des avocats ayant défendu les responsables de ces massacres on constate qu’ils sont tous devenus députés ou maires ou cadres supérieurs de l’Akp. 
Si ce que dit le brillant député est vrai, l’Akp ne  serait dès lors rien d’autre que le cheval de Troie des impérialistes allemands. Aux instances du parti d’apprécier.

La page Spectacle Financier et Economie :


L’annonce de la candidature d’Erdogan à la présidentielle a fait chuter la bourse d’Istanbul de 1,76 % pendant que ce même jour ses consoeurs dans le monde se bonifiaient.

La vente de biens immobiliers à Istanbul sur les 5 premiers mois de 2014 s’est rétractée de 15 000 unités par rapport à la même période de 2013
( 102 000 ventes). La quasi totalité de ce manque est à  imputer à la raréfaction du crédit et surtout à son coût jugé élevé. C’est tout l’enjeu du bras de fer entre Akp et Banque Centrale. Le premier voulant réalimenter la demande intérieure et au passage rassurer la population sur la bonne santé de l'économie, le second se targuant d’indépendance politique et de respect des apparences  pour rassurer les marchés internationaux des capitaux. 
Je ne sais plus qui disait : les bulles mettent du temps à gonfler mais explosent très vite. Il aurait mérité d’être africain.

mardi 1 juillet 2014

Enquête sur la condition du jazz à Paris

Vendredi soir, dans un café-musique du début de la rue de Flandres (« Le Zèbre dans le Patio »)  le saxophoniste Jef Sicard  a convié personnellement plusieurs amis à venir assister à un concert qu'il donnait avec son nouveau quartet en hommage à Horace Silver.

J’arrive un peu après 22 h. Il fait bon dehors, les gens sont en terrasse d'où l'on n’entend pas la musique. Peu de monde à l’entrée et dans l’arrière-salle qui prolonge le bar et où joue le groupe. Un public de 6 personnes qui fluctuera autour de la dizaine au cours de la soirée, le maximum vers la fin quand les gens du bar commenceront à être happés par la musique. Les copains que je pensais retrouver ne sont pas là et ne viendront pas.

L’orchestre joue bien et je suis rapidement captivé par la qualité de la prestation individuelle de chaque musicien et par tout ce qui fait le charme du jazz, les thèmes bien sûr, mais surtout l’improvisation, cet art de l’entente immédiate au sein d’un groupe où chacun prend sa place, puis l’échange avec un autre, n’est jamais bridé même quand il est accompagnateur, dans l’aventure de la création musicale instantanée. 

Le jazz s’est  associé depuis pas mal de temps, à mes oreilles en tout cas, à quelque chose de pontifiant. Je crains un peu ce retournement bien-pensant qui est devenue le lot de cette musique inouïe, ce ronron qui caractérise trop souvent le concert de jazz durant lequel les musiciens restent empêtrés dans une musique qu’ils jouent mais qui les dépasse. Je sais aussi que Jef ne fait pas partie de cette race-là. 

Et on assiste ce soir-là justement à quelque chose de sensationnel. Les musiciens délivreront pour ce maigre mais attentif public une prestation qui gagne en intensité et au lieu de se laisser gagner par un quelconque découragement ils arriveront à se dépasser grâce à leur musique. Je pense qu’Horace aurait aimé.  J'ai eu l'impression que personne, surtout pas les musiciens, ne semblait étonné outre mesure de l'absence de public.
Ainsi va le jazz.

J’ai enregistré avec un appareil photo compact l’exposition du thème « Lonely woman » d’Horace Silver, puis plus de charge…
Lonely woman. Jef Sicard 4tet (thème) from greg ba on Vimeo.
enregistré avec un compact au Zèbre dans le Patio, rue de Flandres, Paris. 27062014

samedi 28 juin 2014

Aujourd'hui l'Arménie


« En Arménie, l’avortement et la naissance sélective des enfants selon le sexe devient très inquiétante. Nous détruisons les futures mères du pays » a déclaré Garik Hayrapetyan, chef du bureau du Fonds des Nations Unies pour la population en Arménie.
Il a estimé que si rien n’était fait, l’Arménie perdrait plus de 90 000 bébés de sexe féminin en 2060. Le taux de naissance en Arménie en 2012 était de 114 garçons pour 100 filles. Le ratio naturel se situe entre 102 et 106 garçons pour 100 filles. Le chiffre le plus déformé était dans la région de Gegharkunik, où le ratio était de 124 à 100.
La solution qui sera proposée au législateur envisage d’interdire au médecin de dévoiler le sexe de l’enfant avant 30 semaines de gestation. Cependant, « dans un pays comme l’Arménie, où la corruption dans les systèmes de santé et d’éducation a atteint des niveaux sans précédent, une telle loi serait inutile et deviendrait juste une source de corruption ». 
Alors que faire ? Encore un de ces problèmes irrésolus dont l’époque raffole. Les pistes proposées sont de deux ordres. Education ou pour parler franc campagne publicitaire, destinée à contrecarrer le poids de la tradition patriarcale qui trouve dans les techniques contemporaines d’imagerie un moyen pour améliorer son archaïsme. Surveillance et répression : « les caméras de surveillance seront installées dans les cabinets de médecins et les médecins devront faire face à une action en justice s’ils enfreignent la loi. Dans certains cas, ils pourraient même perdre leur emploi ». On ne dira jamais assez la part magistrale du « progrès » et de la « croissance » dans le triomphe de la connerie.
D’après Arpi Harutiunyan, en français sur 

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=101104

vendredi 27 juin 2014

A la cueillette dans la presse turque

D'abord quelques nouvelles des transports :

Dans le car Istanbul-Urfa  vers le matin un passager a égorgé 3 autres passagers qui dormaient au cri d’’Allahuekber » .
A l’aéroport de La Paz en Bolivie, un paysan bolivien a agressé à coups de couteau 11 personnes dans la file d’attente d’un vol intérieur. Bonne nouvelle : selon la police qui l’a appréhendé le type ne serait que déséquilibré et aurait confondu les gens avec des poulets.

La page économique et sociale :

La Turquie serait troisième en ce qui concerne l’inégalité des revenus parmi les pays de l’Ocde.


La page actualité :

Les Syriens ont participé avec leur aviation à des opérations communes avec les Irakiens qui bénéficient d’une aide militaire sans limites de Téhéran. 
Que va faire la Turquie face à l’alliance Téhéran- Bagdad- Damas contre les sunnites de l’EIIL ? Je n’aimerais pas m’appeler Davutoglu. 

La page culture :

Le 3 juillet l’ambassadeur français remettra la légion d’honneur à Zülfü Livanelli.

Des esprits bien intentionnés distribuent des brochures sur certaines plages  pour apprendre à se tenir "correctement" selon les directives des soi-disant règles de vie islamique. A côté des banalités habituelles sur les femmes il y a l'interdiction d'aller à des "mariages dans lesquels il y a de la musique" et même "d'écouter de la musique".
C'est incroyable cet acharnement à  enlever le gagne-pain des musiciens. Le monde entier est ligué contre eux : le digital, le piratage, le streaming et maintenant les imams. Nous sommes la Race maudite.

La page vie quotidienne :

Si en Turquie le jeûne  du Ramadan va durer environ 17 heures, dans le nord de la Scandinavie il faudra 22 heures pour s’en acquitter. Les malins iront à Ushuaia où il durera 9 heures.


lundi 23 juin 2014

Un nouveau clip d'ALTKAT

ISTANBUL SESSION II / ALTKAT from greg ba on Vimeo.
Pour soutenir les ventes confidentielles du premier album d'Altkat
paru chez Peur Bleue Records,
j'ai entrepris dans l'urgence de faire une vidéo scandaleuse.
Ce qui flotte au vent est le portrait de Mustafa Kemal,
dont le sur-nom Atatürk signifie "Père des Turcs".
J'ai mis en regard de ses transformations un de ses fils d'aujourd'hui.
C'est scandaleux, je vous assure.

mardi 17 juin 2014

Petite idée

selçuk demirel

L'attitude ultra attentiste de tous les acteurs internationaux concernés, plongés dans un spectaculaire effarement devant l'offensive des islamistes dans le nord de l'Irak, ne saurait s'expliquer par la seule incapacité légendaire des dirigeants.
Sur le terrain la situation a l'air d'avoir matière à inquiéter plus d'un va-t-en guerre.
Le gouvernement turc a interdit aux médias (internet compris bien sûr) toute diffusion d'informations en provenance de Mossul, sous prétexte de ne pas nuire aux otages (le consulat turc au grand complet plus les chauffeurs de camions turcs dont on a annoncé la libération puis macache). En fait, d'après le reportage de bfm-tv qui a confié un smartphone a un chauffeur qui s'est rendu à Mossul, les conquérants sont parfaitement soutenus par la population qui a reçu quelques bribes du pillage, et qui surtout se sent délivrée du joug anti-sunnite d'Al-Maliki. La population de Mossul serait même entrain de faire la queue pour s'enrôler dans les rangs de l'EIIL et marcher sur Bagdad.
La débandade de l'armée irakienne ne s'explique pas seulement par le fait qu'il n'étaient pas motivés mais par leur isolement dans le nord de l'Irak, en milieu hostile, telle une force d'occupation. Il a suffit qu'en face on appuie sur l'accélérateur pour que patatras le château de cartes s'écroule.  Ce n'était pas trop d'un hélicoptère pour mettre les bouts.
Dans ce contexte il y a matière à perplexité pour tous les intervenants potentiels.
En admettant qu'il en ait les moyens, comment le gouvernement irakien pourrait-il articuler une offensive significative sur un terrain où il s'est préalablement largement disqualifié par sa politique sectaire ?
La seule chose qui reste à faire c'est défendre son "territoire" pour contenir la vague djihadiste et la stabiliser sur les terres qui lui sont acquises. Et après, voir venir. Fastoche.

http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/international/document-bfmtv-irak-coeur-mossoul-occupee-islamistes-17-06-205015/